Un géant de l’imaginaire


Le style unique et la profondeur de son propos font de Luc Saint-Hilaire un auteur d’une dimension particulière dans le monde des littératures de l’imaginaire. Créant des personnages riches d’humanité, évitant les clichés en dosant de façon inédite le merveilleux et le tragique, son écriture passionne tout autant qu’elle porte à réfléchir. À travers une épopée captivante, remplie de surprises et de rebondissements, l’auteur propose un questionnement très actuel sur les relations entre les peuples, sur la spiritualité et, fondamentalement, sur la nature humaine. Palpitantes pour les jeunes, fascinantes pour les adultes, ses Histoires du Pays de Santerre font l’unanimité chez les lecteurs de tous âges.




 
Photo Éric Côté


Questions à l’auteur

Luc Saint-Hilaire, qui es-tu?

Je suis né à Saint-Romuald en 1955. Je suis marié depuis 1987 à Hélène et nous avons trois enfants, François, Charles et Isabelle.

En tant qu’écrivain, mes premiers manuscrits datent de la fin des années 1970. C’est le cas de L’Eldnade. Toutefois, ce n’était pas encore le bon moment pour ce type de littérature. Alors, j’ai mis cela en dormance jusqu’au début des années 2000. Désormais, la carrière d’écrivain prend une place majeure. Je dois avouer que c’est pour moi un plaisir incroyable, et surtout un honneur, de rencontrer les lecteurs dans les différents Salons du livre.

Au plan professionnel, je suis d’abord un communicateur publicitaire. J’ai été concepteur-rédacteur et directeur de création en agence. Je suis travailleur autonome spécialisé dans les stratégies globales de communication-marketing et le positionnement de produits ou services.

Comme théoricien, j’enseigne en tant chargé cours depuis 1986 à l’Université Laval comment faire des images efficaces pour communiquer et comment créer des campagnes publicitaires, particulièrement en publicité sociale. J’ai publié entre autres Comment faire des images qui vendent et Pub 101. Pour moi, ce sont des livres très critiques envers le monde de la pub. Par ailleurs, je donne des formations et des conférences pour la Formatout sous le thème Transformez vos dépenses publicitaires en investissement. Enfin, j’ai développé des liens avec l’Association québécoise des enseignants spécialisés en Arts plastiques qui s’intéresse à mon approche de l’image, ce qui m’amène à donner des formations sur le sujet en peu partout au Québec. Ils ont par ailleurs publié mon livre L'image à nu qui traite de l'image en tant que moyen d'expression et de communication.

Pour en savoir plus sur moi, visitez www.lucsainthilaire.com

 
      Mes livres s’imposent comme des outils précieux pour les concepteurs et les utilisateurs d’images de communication.  

Comment sont nées Les Histoires du Pays de Santerre?

J’utilise l’écriture romanesque pour réfléchir et exprimer des idées, comme d’autres le font en musique, en images ou en textes de tous les genres. Au milieu des années 1970, j’ai participé à un camp international de jeunesse qui a profondément marqué ma vision du monde. En effet, j’ai découvert à quel point nous sommes tous semblables, préoccupés par les mêmes idéaux.

Une anecdote impliquant deux camarades, l’un israélien et l’autre arabe, a été une expérience forte. Le temps du camp, les deux jeunes ont développé une formidable amitié. Pourtant, ils devaient ensuite faire leur service militaire dans leur pays respectif et ils risquaient de bientôt se retrouver face à face, les armes à la main. Cela m’a convaincu que la vérité, le Bien et le Mal, le bon droit et toutes ces notions fortes pour les peuples sont en fait des zones de nuances où rien ne peut être tranché au couteau.

Peu de temps après, j’ai lu la célèbre trilogie de Tolkien, le Seigneur des Anneaux. J’ai découvert les possibilités exceptionnelles qu’offre ce style littéraire pour explorer toutes les facettes de la nature humaine. Du même souffle, j’ai réalisé à quel point ce type de récit départageait sans nuances les bons et les méchants, ainsi que nous le faisons si facilement avec nos préjugés envers les autres peuples.

De tout cela est né le goût d’écrire les Histoires du Pays de Santerre au début des années 1980. Toutefois, à cette époque, le genre fantastique était beaucoup moins populaire. Le manuscrit original est donc demeuré sur mes tablettes jusqu’en 2003. La popularité des films de Peter Jackson tirés de l’œuvre de Tolkien m’a alors décidé de dépoussiérer mes romans. Grâce aux Éditions de Mortagne, L’Eldnade a enfin pris vie.

Quels sont les auteurs qui t’ont le plus marqué?


Je lis beaucoup dans tous les styles littéraires. Toutefois, je crois qu’il y a quatre auteurs qui m’ont plus marqué de façon particulière.

Henri Vernes avec ses Bob Morane que je dévorais lorsque j’étais enfant. J’ai découvert alors le plaisir de l’aventure illimitée avec des héros auxquels on peut s’identifier. Ensuite, San Antonio, ce boulimique de l’écriture à la créativité totalement démentielle qui a su imposer ses propres standards. Tolkien, évidemment, dont le Seigneur des Anneaux m’a fait découvrir les possibilités extraordinaires de création qu’offre le style fantastique. Jean M. Auel pour l’humanisme fabuleux de son exceptionnelle série Les Enfants de la terre qui se déroule à l’époque préhistorique. Ajoutez à cela quelques incontournables tels que le fameux 1984 de George Orwell et plusieurs titres d’Éric-Emmanuel Schmitt tels que La part de l’autre et L’évangile selon Pilate.

Des projets?

Beaucoup de projets. Du côté des Histoires du Pays de Santerre, 2010 a marqué la fin de l'écriture des Histoires du Pays de Santerre. C'est la fin d'une période intense d'écriture. Je fais une pause et je vais reprendre bientôt la plume (ou le clavier !). J’ai  en route des romans d’un tout autre style, l’un d’eux étant une comédie politico-policière totalement délirante et un autre très drame contemporain. J'ai aussi écrit un opéra rock et le synopsis d’une série télévisée. Si tous ces projets débloquent dans un proche avenir, je risque d’être assez occupé!


Réflexions d’un citoyen et d’un humaniste

J’aime particulièrement cette photo que j’ai prise en voyage. Son côté humain, son calme, sa simplicité dans un décor chargé d’histoire en raconte certainement beaucoup sur mes intérêts.
Photo de l’auteur

Je ne peux pas dissocier mon écriture de ma personnalité. Sans vouloir absolument « passer des messages » par le biais de mes romans, il est normal que ma conception du monde et mes valeurs teintent le propos des histoires que je crées.

Au plan personnel, je me définis comme un humaniste qui croit fermement que l’intérêt collectif à long terme doit primer sur l’intérêt individuel immédiat. C’est d’ailleurs la trame de fond des Histoires du Pays de Santerre. La logique de Vorgrar, l’Esprit Mauvais, est celle de l’intérêt individuel immédiat. Le Mal, c’est la raison du plus fort, le « je » qui écrase le « nous », une conception du monde que je considère suicidaire.

Au plan politique, je rêve d’une véritable reprise en main de nos institutions politiques pour les débarrasser de leur lourdeur et revenir à l’essentiel du « service public ». Pour ceux qui seraient intéressés, je vous propose un petit texte de réflexion sur le sujet. Il a été écrit initialement il y a quelques années à l’approche d’élections au Québec afin d’exprimer aux politiciens quelques préoccupations ordinaires des gens ordinaires.
Cliquez pour accéder au pdf  Le cri du Québécois ordinaire

Au plan spirituel, je suis de ceux qui croient que nous sommes plus qu’un simple morceau de viande conçu pour alimenter un système de production matérialiste. Je crois que l’humain possède une dimension spirituelle, qu’il est composé d’un corps et d’un esprit qui sont tous les deux aussi importants l’un que l’autre. J’explore ce sujet plus en profondeur sur le site : www.lucsainthilaire.com